Le corps n’oublie rien

Le cerveau, l’esprit, le corps dans la guérison du traumatisme

Le traumatisme et ses conséquences vus de façon scientifique par Dr Bessel Van Der Kolk, psychiatre américain et spécialiste du syndrome de stress post-traumatique. Pour comprendre le stress post-traumatique, et découvrir des techniques simples, efficaces et scientifiquement prouvées pour en guérir. C’est un livre scientifiquement satisfaisant car tout est sourcé et détaillé. Mais attention, il est aussi extrêmement bouleversant car l’auteur a inclus de nombreuses histoires vraies de patients.

Table des matières
  1. Le corps n'oublie rien

PROLOGUE FACE AU TRAUMATISME

Nul besoin de se rendre dans un pays en guerre, les traumatismes nous concernent tous car la violence est malheureusement partout. Heureusement, nous sommes très résilients, mais malgré cela, les traumatismes que nous vivons laissent des traces en nous affectant nous, mais aussi nos proches et parfois sur plusieurs générations.

Un traumatisme est insupportable et il faut vraiment beaucoup d’énergie pour apprendre à vivre avec ce souvenir. Nous aimerions le dépasser mais notre cerveau n’est pas d’accord. Ainsi, pour assurer notre survie, même plusieurs décennies plus tard, au moindre signe (odeur, son…), l’alarme se déclenche et réactive le traumatisme. Ce sont ce que l’on appelle les réactions post-traumatiques.

La science a permis de montrer que le traumatisme provoque des changements physiologiques et des altérations cérébrales :

  • Hypervigilance : le système d’alerte du cerveau devient plus sensible.
  • Augmentation de la sécrétion des hormones de stress.
  • Variations dans la structure qui filtre les informations : les personnes sont souvent confrontées au même problème et ont des difficultés à en retirer une leçon.

Savoir et comprendre a permis de soulager davantage en s’appuyant sur la plasticité naturelle du cerveau. 

Ainsi il existe maintenant différentes méthodes :

  • La thérapie de haut en bas : parler pour comprendre ce qu’il s’est passé.
  • La prise de médicaments.
  • La thérapie de bas en haut, par le corps.

Pas une méthode n’est meilleure que l’autre, elles sont complémentaires, tout dépend du patient et de la nature du problème.

Le défi est donc : peut-on apprendre à surmonter les séquelles d’un traumatisme ?

C’est l’objet du livre qui se veut guide. Mais pas seulement car le but est aussi de faire connaitre la réalité du traumatisme pour faire changer la société.

PARTIE 1 : LA REDÉCOUVERTE DU TRAUMATISME

traumatisme

CHAPITRE 1 : Ce que m’ont appris les vétérans du Viêtnam

Le traumatisme et la perte de soi

Le chapitre débute par l’histoire d’un vétéran du Viêtnam qui ne supporte plus les feux d’artifices et la moindre chose qui lui rappelle, de près ou de loin, la guerre du Viêtnam. Il s’isolait de sa famille car il avait peur de devenir violent. Ses nuits étaient emplies de cauchemars. Ses seuls refuge était l’alcool et la vitesse en moto. Il tentait malgré tout de maintenir un semblant de vie normale en espérant oublier cet épisode de sa vie malgré des crises de rage incontrôlables. De plus il éprouvait des difficultés à ressentir de l’affection et à éprouver du plaisir dans la vie.

L’engourdissement intérieur : cette expression permet de décrire ce que ressentait l’ancien combattant du Viêtnam : il avait la volonté d’aimer mais l’impossibilité de le ressentir. Il se sentait distant de tous, comme coupé de lui-même. Il ressentait finalement peu de choses, excepté ses crises de rage.

Cet exemple est ce que l’on nomme maintenant le syndrome de stress post traumatique, avec un patient toujours sur le qui-vive, hypersensible à la menace, qui revit des flash-backs.

La réorganisation de la perception

L’imagination joue un rôle important dans la qualité de vie. Elle permet de rêver, d’avoir de l’espoir, des projets, de trouver des solutions.

Or, une étude a été faite (en utilisant le test de Rorschach), sur la manière dont un traumatisme modifie les perceptions de l’imagination. Cela a permis de comprendre que les personnes qui ont vécu un traumatisme voient le monde différemment des autres :

Lors de la réalisation de ce test, les anciens combattants, ont dans la majorité revécu les mêmes images, les mêmes sensations physiques, les mêmes odeurs que lors du traumatisme initial. Et certains ont eu des réactions encore plus alarmantes en ne voyant rien du tout. Le traumatisme a affecté leur imagination, ils n’ont plus la capacité à y recourir.

Un homme qui marche dans la rue est juste un homme qui marche dans la rue. Pour une personne victime de viol, c’est un agresseur potentiel, elle va paniquer.

Le blocage dans le traumatisme

Un grand paradoxe : ce qui cause la souffrance est le seul sujet à avoir vraiment du sens pour la personne traumatisée. Par exemple les vétérans parlent entre eux de la guerre mais ont du mal à parler de la vie quotidienne.

Le diagnostic de stress post-traumatique

Ce terme date de 1980, il a permis de mettre un mot sur la souffrance et a fait exploser la recherche.

L’auteur, après avoir travaillé avec des vétérans de guerre, s’est retrouvé confronté aux victimes d’inceste et a observé qu’il s’agissait des mêmes types de problèmes : dépression, automutilations, cauchemars, flash-backs, fermeture émotionnelle, crise de rage, difficultés relationnelles.

La guerre n’est pas le seul drame à gâcher des vies et pour un soldat confronté à la guerre, il y a 10 enfants en danger dans leurs foyers.

Une nouvelle compréhension

Dès 1990, les techniques d’imagerie médicale ont amélioré la compréhension des lésions traumatiques. Le traumatisme n’est pas « juste » un événement passé, mais aussi une empreinte laissée sur le cerveau, l’esprit, le corps.

Utiliser la parole pour décrire le traumatisme aide le traumatisé mais ne suffit pas car ça ne change rien aux réactions physiques d’hypervigilance. Pour qu’il y ait un changement, il faut que le corps prenne conscience que le danger est passé et apprenne à vivre dans le présent.

CHAPITRE 2 : Des révolutions dans la compréhension de l’esprit et du cerveau

Donner un sens à la souffrance

La plupart des souffrances sont en lien avec l’amour et la perte, ainsi qu’aux mensonges qu’on se raconte à soi-même. Les besoins humains sont en fait très simples, puisque l’affection et l’amour y ont une place privilégiée. À cela, il faut ajouter le fait d’être franc avec soi-même. La thérapie serait donc d’aider les gens à supporter les réalités de la vie, que ce soit dans les moments positifs, ou plus difficiles.

Retour en arrière sur la manière dont la médecine aborde la souffrance humaine :

  • Initialement, les troubles du comportement étaient attribués à Dieu, aux péchés, aux sorcières.
  • 19 ème siècle : c’est une façon de s’adapter aux complexités du monde.
  • Fin des années 1960 : on change de paradigme. Ce sont maintenant des troubles qui doivent être traités par des médicaments. C’est la révolution pharmacologique.

Les maladies mentales sont donc dues à un déséquilibre chimique qui provoque un dérèglement du cerveau. 

La recherche est axée sur les neurotransmetteurs : des messagers chimiques qui transportent l’information d’un neurone à un autre. L’objectif est de développer des médicaments.

Pour cela il devint impératif de pouvoir évaluer ces traitements, c’est pour cela que furent mis en place des critères et des méthodes qui conduisirent à la création du fameux DSM.

Le DSM est la bible des psychiatres. C’est un manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. 

Un choc inévitable

Au début des années 1980, débutèrent des expériences sur des chiens de laboratoire. Ne lisez pas la suite si vous craignez car c’est brutal.

Ces chiens en cage étaient volontairement traumatisés par des chocs électriques, ils étaient donc exposés à un choc inévitable. Lorsque la cage était finalement ouverte et qu’un nouveau choc était administré aux chiens, ceux-ci ne sortaient pas de la cage, ne cherchaient pas  s’enfuir. Ils restaient bloqués dans la peur et leurs hormones de stress avaient des taux nettement supérieurs à la normale.

Ceci a permis à l’auteur de faire le lien avec ses patients traumatisés qui avaient été confrontés à un choc inévitable. Leur réaction naturelle de lutte ou de fuite avait été contrariée. À la place, ceux-ci se retrouvaient soit complètement agités, soit effondrés. Cette expérience amena à la découverte du stress post-traumatique : le fait de continuer à secréter des hormones de stress longtemps après la disparition du danger. Alors que normalement, cette hormone ne devrait servir qu’à réagir extrêmement rapidement à un danger, puis revenir à la normale, dans le syndrome de stress post-traumatique, il n’y a pas de retour à la normale.

La dépendance au traumatisme : la douleur du plaisir et le plaisir de la douleur.

Freud parlait de la « compulsion de répétition » pour parler du fait que certaines personnes traumatisées revivent sans cesse les mêmes expériences traumatisantes. Par exemple, pourquoi une femme battue retourne « toujours » vers des hommes violents ?

Il s’agirait d’une tentative inconsciente, bien évidemment, de tenter de reprendre le contrôle sur une situation pénible. Ceci n’a pas été prouvé, ça rajoute juste de la souffrance au traumatisme…

Il faudrait comprendre pourquoi, alors que normalement, nous sommes attirés par des choses qui nous motivent et nous font du bien, dans certains cas, nous sommes attirés par des situations dangereuses ou qui nous font du mal.

L’exemple du livre est celui des marathons : après des débuts douloureux et inconfortables, le corps s’adapte et y prend plaisir, par l’intermédiaire des endorphines qu’il sécrète. Ce sont des sortes d’addictions paradoxales : pour simplifier, on se stresse pour ensuite être soulagés.

C’est ce qui a été observé dans des expériences scientifiques : les émotions fortes bloquent la douleur, ce qui permettrait d’expliquer que pour une personne traumatisée, être ré-exposé au stress peut ensuite apporter un soulagement comparable.

Calmer le cerveau.

En 1985, le rôle de la sérotonine est mis en avant. Ce neurotransmetteur agit sur l’amygdale, un groupe de neurones qui détermine si ce qu’on perçoit est une menace ou non. Or justement, les personnes souffrant de stress post-traumatique en ont un niveau très faible, ce qui explique qu’elles soient hyper-réactives, hypersensibles, et explosent face à de petites provocations et ne supportent pas le moindre rejet.

Le PROZAC, célèbre médicament a ouvert la voie en 1988. Il fait partie de la classe des « inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine ».

Le triomphe de la pharmacologie.

Cette arrivée fulgurante du Prozac a fini d’enfoncer le clou sur la théorie de l’origine de la maladie mentale due à un déséquilibre chimique. Effectivement, les antidépresseurs peuvent changer la vie en aidant à fonctionner au quotidien. Mais l’auteur insiste sur le fait que ce sont des traitements d’appoint qui ne doivent pas empêcher de se préoccuper des causes sous-jacentes. 

C’est un vrai problème de société car comme ce sont des médicaments très rentables, et toutes les tentatives de soigner autrement sont marginalisées et dénigrées…

Adaptation ou maladie.

L’auteur revient sur le fait qu’il est possible de restaurer son bien-être en modifiant notre physiologie et notre équilibre interne par d’autres moyens que les médicaments.

  • Rétablir des relations plus harmonieuses car nous avons la capacité à nous guérir les uns les autres.
  • Le langage nous permet d’évoluer en partageant nos expériences et en trouvant du sens.
  • Il est possible, par la réparation, le mouvement, le toucher, de réguler notre physiologie.
  • Transformer la société pour permettre la sécurité et l’épanouissement.

Le chapitre se termine sur un sujet de réflexion indispensable :

Choisir d’être un patient ? Ou participer activement à son processus de guérison ?

CHAPITRE 3 : Visualiser le cerveau : la révolution des neurosciences

Avant 1990, on mesurait les substances chimiques cérébrales (sérotonine etc) pour voir ce qui alimentait l’activité du cerveau. L’auteur utilise l’image suivante : c’est comme étudier l’essence pour comprendre le fonctionnement d’un moteur de voiture.

Après 1990, avec l’arrivée des neurosciences et des techniques d’imagerie cérébrale : on a pu étudier le moteur et comprendre le traumatisme.

Le scanner a montré que revivre par la pensée le traumatisme même des années plus tard réactivait exactement les mêmes zones du cerveau et provoquait les mêmes réactions physiologiques que le traumatisme lui-même. En effet, il a été observé une activation du système limbique : le cerveau émotionnel. Or, une des parties du système limbique s’appelle l’amygdale. C’est le centre de la peur qui est activé lorsque nous vivons des émotions fortes et nous sentons en danger. Il en découle une production massive d’hormones du stress, une élévation de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque, ceci nous permettant de lutter ou fuir. Alors que je le rappelle, la personne est simplement allongée dans un scanner.

Mais ça ne s’arrête pas là : le scanner montre également une baisse de l’activité de l’aire de Broca, une zone du cerveau permettant la parole. Cela signifie que, outre le fait de revivre le traumatisme, la personne, en plus, n’arrive pas à verbaliser ses pensées et sentiments ! C’est pour cela que certaines personnes, après un traumatisme, se murent dans le silence. Et même des années plus tard, la personne dira « je n’ai pas les mots » et aura du mal à exprimer son traumatisme en un récit cohérent. 

Un hémisphère en panne.

L’imagerie cérébrale montre clairement que revivre un traumatisme par la pensée désactive l’hémisphère gauche du cerveau (logique, rationalité, expliquer les expériences, classer les faits) et active l’hémisphère droit (émotions, souvenirs par les sons, les odeurs). Pendant un flashback, la partie gauche s’éteint, ils perdent l’esprit et la partie droite réagit comme si le traumatisme avait lieu dans le présent.

Mais comme la partie gauche est éteinte, la personne ne se rend pas compte qu’elle est en train de rejouer le passé, ça l’empêche d’en avoir conscience et c’est tout le problème.

Bloqué dans la lutte ou la fuite.

Chez la personne traumatisée, le taux d’hormone de stress ne revient pas à la normale, comme cela devrait être normalement le cas. C’est pourquoi les personnes sont irritables, ont des troubles du sommeil, des problèmes d’attention et de mémoire et parfois même des maladies se déclarent.

PARTIE 2 : LE CERVEAU TRAUMATISÉ DANS TOUS SES ÉTATS

le cerveau traumatisé dans tous ses états

CHAPITRE 4 : Sauve qui peut : l’anatomie de la survie

Le rôle le plus important du cerveau est d’assurer notre survie à chaque seconde.

  • Gérer nos besoins de nourriture, de repos, de protection et les moyens de les satisfaire en terme d’énergie mais aussi d’action.
  • Nous prévenir en cas de danger.
  • Tout en s’adaptant sans cesse.

Dans le cas d’un traumatisme, toutes les structures du cerveau sont atteintes.

Revenons sur chacune :

  • La partie la plus ancienne, le cerveau reptilien, s’occupe des fonctions basiques. Pour les décrire l’auteur fait référence à un nouveau-né : respirer, manger, pleurer, dormir, se réveiller, sentir la faim, la température, l’humidité et se débarrasser des toxines. Or, dans de nombreux problèmes psychologiques nous retrouvons des troubles du sommeil, de la digestion. Donc pour traiter efficacement un traumatisme, il faut s’occuper de ces fonctions de base.
  • Le système limbique, le siège des émotions. Il est là pour détecter le danger. Une partie est innée et l’autre est acquise par l’expérience.

= Ces 2 structures forment le cerveau émotionnel qui veille à notre bien-être. Il gère de façon automatique les réactions de lutte ou de fuite.

  • La partie la plus récente du cerveau : le néocortex, responsable du langage, de la réflexion, de la pensée abstraite, avec principalement les lobes frontaux.

Les lobes frontaux sont essentiels dans la compréhension du traumatisme.

La découverte des neurones miroirs en 1994

Cela a permis d’expliquer l’empathie et l’imitation. Grâce à ces neurones, nous pouvons comprendre les intentions et les états émotionnels des autres. Ils sont essentiels à de bonnes relations avec autrui car, au-delà de l’empathie, ils nous permettent aussi de nous canaliser en nous empêchant certaines réactions qui pourraient nous porter préjudice (ex: ne pas piquer une crise chaque fois qu’on est en colère). Cela permet de calmer nos impulsions. 

Le cerveau est donc chargé d’identifier le danger et de réagir en conséquence.

L’information parvient en une fraction de seconde au thalamus qui redirige les sensations dans 2 directions . Dans le cerveau limbique puis dans l’amygdale qui va statuer sur le côté menaçant ou non et s’il y a un risque pour la survie. Tout se passe si vite que avant même qu’on comprenne ce qu’il se passe, notre corps peut déjà être en action.

Chez une personne traumatisée, il y a un risque que le signal soit mal interprété, comme si l’alarme était défectueuse d’où des sur-réactions face à des commentaires anodins par exemple.

Normalement, les lobes frontaux peuvent rétablir l’équilibre en nous faisant comprendre que c’est une fausse alerte. Et heureusement que notre cerveau rationnel est là pour stopper ou moduler ces réactions automatiques de notre cerveau émotionnel. 

Dans le syndrome de stress post traumatique, le système est perturbé, voire tombe en panne, d’où le fait d’être automatiquement en mode lutte ou survie et ne pas réussir à se contrôler.

En terme de solutions, il est donc important de renforcer l’aptitude à repérer ses sensations corporelles (médiation, yoga), mais aussi agir sur le système nerveux autonome par le toucher, le mouvement, et la respiration.

Les cerveaux traumatisés

Caractéristiques principales du stress post-traumatique.

  • La dissociation

C’est comme si le souvenir était fragmenté en de multiples morceaux, des sons, des images, des odeurs, des sensations physiques, des pensées, et que chaque petit morceau partait vivre sa vie pour revenir de temps en temps, par sa présence, polluer le présent car la personne va sans cesse rejouer les mêmes mécanismes de défense et les mêmes réponses émotionnelles. (Ex: être très agressif et sursauter quand on pose juste calmement une main sur notre épaule)

Et beaucoup de gens ne sont pas conscients du lien qu’il y a entre leurs réactions disproportionnées, et le traumatisme qui se répète.

  • La reviviscence et les flash-back

Ils peuvent presque être considérés comme pires que le traumatisme car un traumatisme a un début et une fin, alors que le flashback surgit sans prévenir et on ne sait pas combien de temps il va durer, ce qui le rend particulièrement insupportable. C’est pourquoi les personnes organisent toute leur vie autour de ça, afin de tenter d’éviter ces reviviscence. Sauf que ceci a un prix et les déprime et les épuise complètement, sans parler du fait que ça les empêche de vivre dans le présent et d’apprécier les bons moments de la vie. En fin de compte, c’est un vrai cercle vicieux qui va encore davantage les enfermer dans le passé.

Les réactions post-traumatiques se manifestent de bien des manières en fonction des personnes. Mais ce que ces réactions ont en commun est qu’elles sont finalement irrationnelles et incontrôlables. C’est pourquoi le principal défi sera d’apprendre à maîtriser ces sensations et émotions.

  • La dépersonnalisation

C’est un symptôme de dissociation. La personne se dissocie de sa peur et ne ressent plus rien, est absente, le regard vide. Elle ne ressent plus d’émotions et ne peut pas non plus réfléchir ni donner un sens à ce qui lui arrive.

  • L’engourdissement

Il survient en général plus tard, après une période plus ou moins longue de flash-back. La personne devient progressivement absente à elle-même. C’est ce que l’on observe chez certains enfants traumatisés qui ne dérangent personne…

CHAPITRE 5 : Les relations corps-esprit

Les émotions

Le terme « émotion » vient du latin emovere qui signifie « mouvoir hors de ». Les émotions permettent, par le mouvement qu’elles induisent, de nous protéger, d’assurer notre sécurité et notre survie.

Déjà au 19ème siècle, Darwin avait compris les liens entre le cerveau et le corps et remarqué que les émotions fortes avaient un impact, non seulement sur le cerveau, mais aussi sur le coeur, les intestins… Pourquoi ? Car le nerf parasympathique leur permet de communiquer. Ce nerf joue d’ailleurs un rôle prépondérant dans l’expression et la gestion des émotions.

Heureusement, de nos jours, la communication corps / esprit, qui a été longtemps ignorée par la médecine occidentale, commence à être prise en compte.

Un aperçu du système nerveux.

Notre système nerveux autonome comprend deux branches :

  • Le système nerveux sympathique = l’accélérateur, qui en augmentant la sécrétion d’adrénaline permet d’augmenter la fréquence du rythme cardiaque. Ce système nous permet la lutte et la fuite. Le terme « sympathique » signifie qu’il fonctionne avec les émotions (sym pathos)
  • Le système nerveux parasympathique = le frein. Il fonctionne contre les émotions en libérant de l’acétylcholine et en permettant donc de ralentir la fréquence cardiaque. 

Cette compréhension a un intérêt dans le stress post traumatique puisque le corps étant souvent en mode « sympathique », il est possible d’activer volontairement le frein par la respiration profonde par exemple. C’est ce qui est observé avec la Cohérence cardiaque qui permet une meilleure variabilité de la fréquence cardiaque et qui sera abordée au chapitre 16.

Ivan Pavlov et l’instinct d’intention

Pavlov, chercheur célèbre pour sa découverte du réflexe conditionné, qui nous fait saliver en entendant une cloche annoncer le repas, a aussi mis en évidence « l’extinction », c’est à dire le fait de perdre ses réflexes automatiques. La thérapie comportementale et cognitive (TCC) se base justement là-dessus puisqu’il s’agit d’exposer des patients à un signal qui leur rappelle leur traumatisme, jusqu’à ce qu’ils réalisent qu’ils sont en fait en sécurité.

Pavlov a également fait une autre découverte suite à l’inondation de son laboratoire de recherche. Les chiens qui servaient de cobayes avaient survécu à une inondation suite à une crue de la rivière, en plein hiver, avec de l’eau presque glacée. Pavlov, suite à ce traumatisme observa que l’attitude des chiens survivants avait changé mais tous ne réagissaient pas de la même manière. 

  • Certains restaient immobiles et ne prêtaient plus attention à ce qui les entourait. L’immobilité physique et la perte de curiosité se retrouvent aussi chez les victimes de traumatismes, quand elles ont été privées de leurs mouvements. L’explication se trouve dans 2 réflexes antagonistes :
    • le fait, suite à un danger d’avoir le réflexe de fuite,
    • mais être maintenu et ne pas pouvoir fuir, ni rien faire pour changer les choses.
    • = Ceci crée une tension insupportable que l’auteur appelle « rupture de l’équilibre ».

Être dans l’incapacité d’agir va amener la personne à une « impuissance apprise ». Et par la suite, la personne traumatisée aura tendance à rester dans cette façon de fonctionner, à savoir ne pas réussir à se sortir de situations difficiles, comme par exemple, une femme qui restera avec un mari violent.

  • D’autres souffraient d’inhibition paradoxale. Cela signifie ne pas réagir à un stimuli qui ferait réagir la plupart des gens, et à l’inverse, s’emporter très fortement pour quelque chose d’anodin.
  • Réaction ultra-paradoxale. C’est à dire réagir positivement à des stimuli négatifs comme cela a été observé par exemple chez des soldats qui ont été traumatisés mais veulent absolument retourner dans une zone de combat car c’est le seul endroit où ils se sentent vivants.

Le codage neuronal de l’amour.

1994 : Stephen PORGES a présenté la théorie polyvagale. 

Le nerf vague, grâce à ses nombreuses branches, relie le cerveau à de nombreux organes (coeur, poumons, intestins, estomac).

Cette théorie a permis de mieux comprendre la biologie de la sécurité et du danger, c’est à dire de comprendre l’interaction qu’il y a entre nos expériences viscérales et les visages et voix de notre entourage. Par exemple, entendre le ton apaisant d’une personne proche peut complètement changer ce qu’on éprouve. En effet, nous sommes tous très sensibles aux fluctuations émotionnelles des personnes qui nous entourent. Nos neurones miroirs entrent en jeu et nous sommes cablés pour fonctionner comme membre d’un groupe. Nous sommes des êtres faits pour les relations.

« Pouvoir se sentir en sécurité avec les autres est l’aspect le plus essentiel de notre santé mentale.» Nous avons par dessus-tout besoins de liens chaleureux et rassurants pour pouvoir vivre une vie épanouie.

Il a d’ailleurs été démontré que le soutien social est fondamental et permet mieux de surmonter les traumatismes.

Qu’entend-on par soutien social ?

À la fois la présence de l’autre mais surtout le fait que ce soit réciproque.

Or, le problème est que les personnes traumatisées se sentent très souvent déphasées avec leur entourage. Elles n’arrivent plus à s’ouvrir et à trouver du réconfort chez les autres. Le lien de sécurité et de réciprocité est donc mis à mal…

Une solution a été trouvée : passer par les animaux pour aider les personnes traumatisées.

3 niveaux de sécurité.

La neuroception désigne notre capacité à évaluer la probabilité d’un danger dans notre environnement. Celle-ci est justement altérée chez le traumatisé.

Quand on se sent menacé, on va activer en fonction de la menace, 3 types de réponses à la menace.

  • Le système d’engagement social : on se tourne vers les autres en cherchant de l’aide. (Système vagal ventral). S’il n’y en a pas, on passe au 2ème niveau.
  • La lutte ou la fuite. (Système nerveux sympathique). Si ceci n’est pas non plus possible, on passe au 3ème niveau.
  • État d’immobilisation ou d’effondrement. L’organisme se met en mode sécurité et économie d’énergie en se fermant complètement. (Système vagal dorsal)

On imagine bien que la lutte ou la fuite est préférable dans le sens où ça nous donne de l’énergie. Ceci explique pourquoi de nombreuses victimes de traumatismes se sentent pleinement vivantes lorsqu’elles sont face à de vrais dangers. À l’inverse, elles se retrouvent presque paralysées lorsqu’elles vivent certains moments qui semblent anodins et sans danger tels que les repas de famille.

Se défendre ou se détendre ?

Nous faisons tous naturellement preuve d’une certaine méfiance mais nous réussissons, pour entretenir des relations proches, à calmer cette méfiance. Or chez une personne traumatisée, la méfiance reste bien active et la personne est donc toujours sur le qui-vive, ce qui rend difficile le quotidien. Il leur est difficile de faire la part des choses et d’évaluer s’il y a danger ou sécurité.

Nouvelles approches du traitement.

Comme les personnes victimes d’un traumatisme restent bloquées dans la lutte ou la fuite ou la fermeture chronique, il faut les aider à désactiver leur système de défense dans lequel elles restent enfermées, mais ceci est compliqué car ça leur a assuré la survie. C’est un dilemme inconscient. Elles reproduisent des comportements qui, même s’ils sont très dérangeants pour la vie en société, leur ont permis de survivre.

La théorie polyvagale a permis de proposer d’autres approches qui permettent de sortir de la lutte et de la fuite, de calmer les tensions physiques et d’activer l’engagement social .

Voici quelques exemples : exercices de respiration, qi gong, chant, danse…

CHAPITRE 6 : Perdre son corps, ne plus être soi-même

Normalement, nous mettons en place des stratégies de régulation émotionnelle. Ceci est possible quand les adultes qui s’occupent de nous répondent à nos besoins comme la nourriture quand on a faim, être bercé quand on pleure etc.

En revanche si nous avons manqué de réponses adaptées à nos besoins, nous avons du mal à nous réguler émotionnellement et c’est ce qui expliquera que la personne, pour prendre soin d’elle, tentera de nombreuses expériences pour tenter d’être soulagée, telles que la drogue, l’alcool, la boulimie.

Les personnes traumatisées et victimes de négligence sont souvent déconnectées de leur corps et ont du mal à ressentir certaines parties de leur corps. On peut parler d’insensibilité sensorielle. L’enjeu sera alors de réussir à réintégrer les expériences sensorielles et à se sentir en sécurité dans son corps.

De plus, chez les traumatisés, les zones correspondant aux aires cérébrales qui créent le sentiment de soi ne s’activent pas. En effet, en réaction au traumatisme, les personnes ont déconnecté les zones de leur cerveau qui transmettent les émotions. Et ce sont ces mêmes zones qui sont à la base de la conscience de soi. 

Finalement et c’est ce qui pose problème, en voulant s’adapter au choc, les traumatisés se sont coupés de leur capacité à se sentir pleinement vivants. Ils éprouvent de nombreuses difficultés au niveau de la prise de décisions car ils ont du mal à ressentir ce que leurs sensations veulent leur dire, donc il leur est difficile de savoir ce qu’ils veulent vraiment.

Le système du sentiment de soi.

Le neurologue Antonio Damasio a mis en évidence le lien entre les états du corps, les émotions et la survie. Pour lui, le noyau de la conscience de soi repose sur les sensations physiques qui indiquent les états intérieurs du corps. 

Comme nous l’avons vu, le cerveau est en surveillance constante, il évalue en permanence ce qu’il se passe en nous, mais aussi à l’extérieur. À chaque instant il envoie des messages électriques ou chimiques pour adapter de nombreux paramètres tels que la température corporelle, la respiration, le rythme cardiaque, la transpiration, la digestion, les sécrétions hormonales etc. Or, si nous sommes exposés à un danger ou une menace, ces systèmes peuvent être débordés et c’est ce qui explique tous les différents troubles somatiques que l’on peut retrouver chez les traumatisés.

Car les traumatisés reçoivent sans cesse des signaux d’alarme internes, ils se sentent en danger dans leur propre corps. La conséquence est qu’ils cherchent souvent à ignorer ces signaux, voire à ne plus ressentir ce qu’il se passe en eux, à s’anesthésier. Ils en viennent à avoir peur de leurs sensations physiques et cela finit même par être dangereux car, à se couper de leurs sensations, ils ne peuvent plus détecter ce qui est vraiment une menace pour eux, ni même ce qui pourrait être bénéfique. De plus, leur corps continue malgré tout de sécréter les hormones du stress et finissent par se manifester des symptômes physiques qu’on appelle symptômes somatiques.

De quoi s’agit-il ? De symptômes réels mais qui n’ont pas de cause physique. Ils sont très fréquents chez les personnes traumatisées : migraines, fibromyalgie, problèmes digestifs, maux de dos, fatigue chronique, syndrome du colon irritable etc.

L’alexithymie

Il s’agit de l’incapacité à mettre des mots sur ses émotions.

Du fait de ne pas arriver à identifier leurs sensations, les personnes traumatisées n’arrivent pas à décrire ce qu’elles éprouvent et ont également du mal à prendre soin d’elles (sommeil, nourriture etc).

Ces personnes ont tendance à remplacer le langage des émotions par de l’action, ce qui peut les rendre efficaces professionnellement parlant, mais les coupe de relations harmonieuses, les rapports restent assez froids.

L’agentivité

= s’approprier sa vie, avoir le sentiment d’avoir une certaine maitrise sur sa vie.

À la base de ce sentiment se trouve l’intéroception, qui est la conscience subtile des états du corps. En effet, il faut d’abord savoir ce que l’on ressent, ce qui nous permet ensuite de comprendre pourquoi on le ressent et ce qui nous permettra au final d’avoir un plus grand contrôle sur notre vie. 

Autrement dit, bien ressentir nos états intérieurs nous permet de nous sentir maitres de nous-mêmes. 

C’est pour cela que la pratique de la pleine conscience, en renforçant cette capacité, est essentielle à la guérison.

Pour s’en sortir, le seul moyen est de réapprendre à faire le lien entre entre ses sensations et ses émotions.

  • Apprivoiser son corps, ses sensations physiques, est une nécessité pour guérir d’un traumatisme.
  • Se connecter à soi-même, se connecter aux autres.

PARTIE 3 : L’ESPRIT DES ENFANTS

L'esprit des enfants et le traumatisme

CHAPITRE 7 : Se mettre sur la même longueur d’onde : l’attachement et l’accordage.

Le chapitre débute au centre de santé mentale du Massachusetts, dans la clinique pour enfants pleine d’enfants très perturbés et perturbants auxquels on colle de nombreuses étiquettes diagnostiques allant des troubles de la provocation, aux troubles de la conduite, troubles bipolaires, TDAH etc.

L’auteur a crée un test dédié aux enfants qui se basait sur le test d’aperception thématique (TAT). L’objectif est de découvrir comment la réalité intérieure des enfants influe sur leur vision du monde car l’interprétation qu’en donne une personne révèle ses sujets de préoccupation.

Les commentaires et interprétations des enfants face à ces différentes planches qui ne montraient que des scènes anodines du quotidien étaient absolument alarmants ! Partout ils voyaient des dangers, des menaces et des drames atroces. 

Le monde dans lequel il vivaient était finalement si dangereux et comportait tellement de déclencheurs, qu’il était presque « normal » que ces enfants aient de tels comportements inadaptés et de tels lourds diagnostiques si jeunes…

Une base sécure 

Nous sommes des êtres sociaux et passons notre vie à essayer de trouver notre place parmi les autres.

Mais énormément de choses se jouent dans la toute petite enfance, en effet, nos premières expériences vont avoir des répercussions sur toutes les relations ultérieures.

La façon dont on s’occupe de nous, bébé, dont on prend soin de nous va nous influencer dans la manière dont nous allons ensuite nous-mêmes, prendre soin de nous, que ce soit physiquement ou émotionnellement. 

Plus l’enfant créera un lien d’attachement profond avec l’adulte le plus proche de lui, plus il réagira sainement et sera capable de s’auto-réguler. Cet attachement profond servira de base rassurante qui lui permettra d’explorer le monde.

Pour résumer : l’attachement est sécure quand les parents sont présents et permettent à l’enfant, en répondant à ses besoins physiques et émotionnels, d’associer des sensations intenses au réconfort et à la sécurité qui suivront. Cet attachement associé au développement d’un sentiment de compétence permettra à l’enfant de s’adapter sainement tout au long de sa vie et limitera le stress et l’anxiété. Toute sa vie, l’enfant aura une base stable de sécurité émotionnelle.

Et à partir de ce lien d’attachement, l’enfant va s’accorder avec son entourage, ce qui lui permettra de développer

  • La conscience de soi
  • L’empathie
  • Contrôler ses impulsions
  • Trouver la motivation

Et au final il sera capable de s’intégrer et trouver sa place dans de façon plus large, dans la société.

La nature de l’attachement, qu’il soit sécure ou insécure va influencer la vie de l’enfant.

Attachement insécure

Les enfants négligés ou maltraités intègrent très vite que leurs demandes ne rencontrent pas d’écho chez la personne qui s’occupe d’eux. Cette absence d’aide et d’attention va les conditionner pour le reste de leur vie.

Si l’interaction physique mère/enfant est difficile, et que la mère a du mal à répondre aux besoins de son enfant, l’enfant apprendra à devenir l’idée qu’elle a de lui.

De plus, il a été observé que ces enfants-là étaient extrêmement sensibles aux changements dans les expressions du visage et dans le ton de la voix, qu’ils perçoivent comme des menaces. C’est pour cela qu’ils sont très méfiants, peuvent s’affoler facilement et ont du mal à distinguer la sécurité du danger. De plus, on retrouve aussi parfois des difficultés relationnelles et comportementales à l’école.

Et comme le besoin d’attachement ne faiblit jamais, et que le sentiment de solitude est insupportable à l’infinie majorité des humains, ceux qui ne peuvent pas communiquer auront toujours recours à des alternatives pour entrer en lien, la maladie et les conflits en faisant partie.

Faire avec ses parents.

S’attacher à ses parents est un instinct, un véritable besoin biologique, et quelques soient les parents, l’enfant déploiera des stratégies pour que ses besoins soient au moins partiellement comblés, pour qu’il obtienne un maximum d’attention de la part de la personne qui s’occupe de lui.

Les chercheurs ont mis en avant 4 stratégies d’attachement :

  • Stratégie d’attachement sécure
  • Stratégie d’attachement évitant
  • Stratégie d’attachement anxieux
  • L’attachement désorganisé aussi appelé « la peur sans solution »

Les effets à long terme de l’attachement désorganisé

  • Agressivité envers soi et envers les autres.
  • La dissociation. La personne se sent perdue, déconnectée du monde, mal aimée, impuissante et ignore complètement comment se sentir en sécurité.

Il a été observé par les chercheurs que ce qui cause l’impact le plus profond et le plus durable est le RETRAIT EMOTIONNEL, c’est à dire la distance affective entre la mère et son enfant, mais aussi l’inversion des rôles qui est le fait que la mère s’attend à ce que son enfant s’occupe d’elle.

« La qualité des premières relations de l’enfant est d’une importance cruciale pour prévenir les problèmes de santé mentale, indépendamment d’autres traumatismes. »

CHAPITRE 8 : Des relations piégées par les sévices et la négligence.

Le chapitre est basé sur l’histoire de Marilyn, victime d’inceste quand elle était enfant.

Ne se souvenant pas consciemment du traumatisme, elle a une impression globale de faire semblant de vivre sa vie et de chercher des activités qui lui donnent l’impression d’être en vie, comme par exemple son addiction au tennis. Elle consulte car elle se rend compte qu’elle a besoin d’aide après avoir réagi de façon très violente face à un homme qu’elle connaissait bien et avait invité à passer la nuit chez elle.

L’auteur précise que réussir à révéler ses « secrets » est un processus qui peut parfois prendre des années. Les patients doivent apprendre à supporter leurs ressentis et ce qu’ils savent et c’est compliqué mais crucial pour guérir.

Au fil des mois, nous apprenons que Marylin déclenche une maladie auto-immune, ce qui signifie que son propre corps s’attaque à lui même. Une étude va être menée et montrera que le système immunitaire d’une victime d’inceste est hypersensible, c’est à dire qu’il réagira et se défendra même sans raison valable, parfois même en s’auto-attaquant. Nous revenons sur ce qui a été vu précédemment: la difficulté à distinguer la sécurité du danger.

Une carte du monde déchirée

La vision que l’on a de la vie, des relations et de tout ce qui nous entoure est fortement influencée par nos expériences. Il est donc évident que le vécu traumatique va complètement remettre en question la perception que la personne a du monde qui l’entoure.

Et même si les réactions de la personnes sont irrationnelles, il est très difficile de les modifier. C’est comme si les croyances étaient gravées dans la pierre car elles sont « imprimées » dans le cerveau émotionnel. » Toutefois, apprendre à les reconnaitre est un premier pas nécessaire. Petit à petit, la personne va essayer d’observer et de tolérer ce qui se passe en elle en terme de sensations douloureuses. C’est ainsi qu’ensuite elle pourra apprivoiser ses émotions sans chercher à les effacer.

La complexité pour les enfants victimes, est qu’ils sont obligés de réussir à « faire avec » car ils vivent avec leurs bourreaux. Leurs parents représentent l’autorité donc il n’est pas évident de chercher de l’aide à l’extérieur. D’autant plus qu’ils éprouvent de la loyauté envers leur famille.

Toute leur énergie va donc être mobilisée pour cela : ne pas penser à ce qui leur arrive et à ce qu’ils ressentent. Leurs émotions trouvent parfois le chemin de la colère ou de la rébellion pour s’exprimer. Alors que d’autant enfants adopteront des comportements très calmes, voire dociles.

Et toutes ces émotions qui ne peuvent pas s’exprimer se retournent contre la personne sous forme de dépression, de haine de soi, d’actes auto-destructeurs.

Le psychanalyste William Nederland parle de « meurtre de l’âme ». Pour y survivre, certains effaceront la conscience de ce qu’ils ont vécu ou cultiveront le déni.

Mais de très nombreuses victimes ont une force et une énergie en elles qui leur permettront d’emprunter le difficile chemin de la guérison.

CHAPITRE 9 : Et l’amour dans tout ça ?

La psychiatrie cherche à définir la maladie mentale. Les diagnostics sont des listes de symptômes et en fonction de l’étiquette dont on affublera le patient, la manière de traiter sera différente. Mais ce qui pose question est justement que cette étiquette va coller à la peau de la personne toute sa vie et donc influencera la façon dont elle se percevra. De plus, pour l’auteur, il a un un gouffre entre ce dont souffrent les patients et ces diagnostics officiels qui sont répertoriés dans la bible du psychiatre, le fameux manuel appelé DSM. Ce point est illustré en revenant sur des recherches que l’auteur a menées en se rendant compte que des patients « étiquetés » comme ayant un trouble de la personnalité borderline, rapportaient des traumatismes d’enfance. 

L’auteur a donc mis sur pied une étude pour démontrer ce goufre. Le premier défi de cette étude a été de trouver la manière de pouvoir recueillir une histoire de traumatisme, car il est évident que personne ne va se confier spontanément à un inconnu. Ce défi a été relevé grâce à un questionnaire créé pour l’occasion. Les points importants des conclusions sont que l’âge auquel commence la maltraitance va déterminer son impact. De plus, il y a une nette distinction entre les personnes qui ont le souvenir d’avoir été en sécurité avec quelqu’un, de celles qui n’avaient personne, dans leur entourage, avec qui elles se sentaient en sécurité.

Cette étude a aussi permis de mettre en lumière une catégorie de traumatisés particulière qui est celle de ceux qui ne se souviennent pas forcement du traumatisme mais qui continuent d’agir comme s’ils étaient continuellement en danger.

Enfin, le point marquant de ce chapitre est que toutes ces recherches ont abouties à la conclusion qu’il existe une épidémie cachée : les traumatismes de l’enfance et de l’adolescente sont en fait extrêmement fréquents, bien plus qu’on ne le pense et expliquent de nombreuses pathologies.

L’exemple de l’obésité est rapporté : une étude de très grande envergure a été menée sur plus de 17000 patients obèses. Les résultats laissent sans voix. Les 2/3 avaient fait état de mauvaises expériences infantiles.

Un questionnaire avec un score allant de 0 à 10 en fonction du nombre de mauvaises expériences vécues, car il y en a rarement une seule, malheureusement, leur était proposé. Plus le score était élevé et plus le taux de dépression à l’âge adulte explosait , ainsi que le nombre de tentatives de suicide, de consommation de drogues dures, etc. 

Le score d’ évènements négatifs prédisait toute une liste de comportements à risque.

Et l’auteur va encore plus loin puisqu’il est expliqué que ce que l’on pense être un problème, par exemple l’obésité, est en fait la solution que le patient a trouvée pour s’adapter, ou se protéger. Comment peut-on alors faire renoncer la personne à sa mauvaise alimentation si elle est persuadée qu’être en sur-poids maintiendra les hommes à distance ? Si l’on cherche à supprimer la solution que le patient a trouvé, c’est voué à l’échec.

L’auteur termine le chapitre en affirmant que le plus grand scandale de santé publique aux États-unis est la maltraitance infantile. Agir sur ce problème permettrait d’avoir un impact majeur sur la santé publique et sur la société dans son ensemble.

CHAPITRE 10  : Le traumatisme développemental : l’épidémie cachée

Le syndrome de stress post-traumatique est défini comme :

« L’état d’une personne qui a été exposée à un évènement terrible causant une peur intense, l’horreur ou l’impuissance, qui se traduit par diverses manifestations : reviviscence intrusive du traumatisme, évitement persistant et paralysant, et excitation accrue. »

Cette définition peut donc aussi concerner les enfants qui vivent un événement traumatique. Mais elle ne s’applique pas à ceux qui évoluent pendant des années dans un foyer maltraitant, qui sont négligés, perturbés.

« Les mauvais traitements ont un impact négatif durable sur le développement cérébral. Notre cerveau est sculpté par nos premières expériences, et la maltraitance le burine pour qu’il encaisse les coups mais au prix de blessures profondes. La maltraitance infantile n’est pas une chose qu’on surmonte. C’est un mal que nous devons reconnaitre et affronter si nous voulons lutter contre le cycle de violence incontrôlé dans ce pays. »

Dr Martin Teicher (Scientifique américain)

Le trouble de traumatisme développemental désigne parfaitement ce dont souffrent ces enfants. Voici les principaux problèmes liés à une dérégulation générale :

  • Troubles de la régulation des émotions
  • Difficultés à contrôler ses impulsions
  • Troubles de l’attention, de la concentration de la cognition
  • Dissociation
  • Difficultés relationnelles avec les autre et avec soi
  • Troubles de l’attachement
  • Déficit du sentiment d’identité et de l’estime de soi

Le problème : l’Association américaine de psychiatrie refuse de reconnaitre le traumatisme développemental. Dès lors, comment espérer régler les problèmes de ces enfants ? En effet, qui dit mauvais diagnostic, dit traitement mis en place voué à l’échec.

Pourquoi ? La tendance actuelle est de favoriser la recherche sur les gènes et de trouver les causes des maladies mentales dans un gène déficient bien qu’aucun résultat tangible n’ait été observé.

Comment peut-on attribuer ces souffrances psychiques à des déficiences biologiques ou génétiques, en faisant l’impasse des facteurs externes tels que l’abandon et la maltraitance ? Pour l’auteur, c’est une impasse.

Les études ont montré que :

  • Les premières expériences dans la vie ont au moins autant d’impact sur la biologie que l’hérédité. La sécurité et la protection sont cruciales.
  • Les enfants, même en cas de prédisposition génétique, qui ont un parent attentionné, ne développeront pas le problème génétique.

La difficulté pour les proches, les enseignants à dépister ce traumatisme : on parle d’engourdissement émotionnel. Cela signifie qu’avec le temps, le corps s’adapte au traumatisme et que l’entourage ne repérera pas que le jeune est bouleversé.

Grâce à la neuroplasticité cérébrale, l’auteur clôture ce chapitre en rappelant que le défi majeur est maintenant de reprogrammer les cerveaux et réorganiser l’esprit des patients.

PARTIE 4 : L’EMPREINTE DU TRAUMATISME

l'empreinte du traumatisme

CHAPITRE 11 : Découvrir les secrets : le problème de la mémoire traumatique

La mémoire traumatique est très complexe et se distingue de la mémoire ordinaire.

Mémoire ordinaire :

Elle est versatile, ce qui signifie que nos souvenirs changent avec le temps, nous les actualisons. Ils ne sont pas le reflet exact de la réalité mais plutôt une histoire que nous nous racontons.

Prenons l’exemple de frères et soeurs qui peuvent avoir des récits très différents les uns des autres, au point de croire qu’ils n’ont pas grandi dans la même famille.

De plus, la plupart des évènements quotidiens tombent rapidement dans l’oubli. Vous souvenez-vous de ce que vous avez fait il y a exactement trois semaines ?

Ce qui nous marque le plus est lié à l’émotion qui nous l’a causé. Et nous en garderons un souvenir plus précis. Vous souvenez-vous de de ce que vous faisiez le 11 septembre 2001 ? Plus nous sécrétons de l’adrénaline en réaction, et plus nous nous souviendrons précisément. 

Mémoire traumatique

Les souvenirs traumatiques sont déclenchés par des choses précises. Il suffit qu’un élément d’un traumatisme soit ravivé pour que cela ravive l’intégralité du souvenir.

Amnésie traumatique : la personne n’a aucun souvenir conscient ou seulement un souvenir partiel du traumatisme. On parle aussi d’amnésie traumatique dissociative.

Reproduction :

Si la personne ne se souvient pas, elle peut reproduire ce qu’elle a vécu dans les faits, mais sans savoir qu’elle est en train de les répéter. Ceci peut être considéré comme une manière de se souvenir, la personne revivant continuellement le choc.

CHAPITRE 12 : Le poids intolérable du souvenir

L’intérêt pour le traumatisme a varié selon les époques.

Première guerre mondiale : il était hors de question de porter attention à ce que les soldats avaient vécu. Leurs affections étaient considérées comme une faiblesse de caractère. Aucune prise en charge n’était prévue pour les soldats traumatisés.

Au fil du temps, la médecine et la politique ont continué de tourner le dos aux vétérans.

Au début des années 1990, de nombreux articles furent publiés au sujet des prétendus faux-souvenirs que des victimes inventeraient après avoir soi-disant occulté un traumatisme pendant des années.

Le souvenir traumatique continuait d’être traité comme un souvenir ordinaire alors que les études sur le sujet dataient déjà d’un siècle ! La société refusait de voir la réalité des traumatismes en face. Parallèlement, des scandales commencèrent à éclater, comme ceux de la pédocriminalité dans l’église.

La science du souvenir refoulé 

De très nombreuses études scientifiques établissent clairement qu’un souvenir traumatique peut être refoulé et ressurgir des années plus tard.

Mémoire ordinaire :

La personne se souvient d’un évènement comme d’une histoire avec un début, un milieu, une fin. 

Souvenir traumatique :

Il est désorganisé et certains éléments sont trop présents, comme par exemple l’odeur d’un violeur. 

Enfin, l’auteur fait mention d’une étude montrant que le fait de se remémorer un traumatisme ne permet pas de le résoudre. C’est pourquoi la thérapie comportementale et cognitive est assez décevante en terme de résultats. Elle permet toutefois d’observer une certaine transformation, mais ne supprime pas le flash-back.

PARTIE 5 : LES VOIES DE LA GUÉRISON

guérir d'un traumatisme, les voies de la guérison

CHAPITRE 13 : Guérir du trauma : l’appropriation de soi

On ne peut pas soigner un traumatisme, dans le sens où on ne peut pas annuler le passé. En revanche, il est possible de traiter les traces que le traumatisme laisse sur le corps, l’esprit et l’âme. Voici les pistes :

  • Réussir à utiliser des techniques pour se calmer et se concentrer.
  • Apprendre à conserver ce calme quand le passé se présente.
  • Réussir à vivre sa vie dans le présent, c’est à dire en étant véritablement investi dans ses relation.
  • Avoir conscience des mécanismes adaptatifs qui ont été mis en oeuvre pour s’adapter et survivre.

Les prochains chapitre présentent des méthodes éprouvées, vous allez découvrir les principes de base. Sachez que généralement les patients utilisent plusieurs approches différentes. 

Une nouvelle optique thérapeutique

La personne sera amenée à revenir sur le traumatisme, mais l’auteur insiste sur le fait qu’il ne faut pas que ça la traumatise à nouveau. Pour cela il est nécessaire qu’elle se sente assez en sécurité.

Comme les réactions post-traumatiques sont gérées par le cerveau émotionnel, les réactions seront donc physiques, par exemple, le coeur qui s’emballe. Et comprendre les choses de manière rationnelle ne supprime pas les émotions, les sensations.

C’est pourquoi il faut s’adresser au cerveau émotionnel.

La thérapie du système limbique

L’objectif est de rétablir l’équilibre entre les 2 cerveaux : le rationnel et l’émotionnel

Au niveau du cerveau émotionnel : réparer les systèmes d’alerte défectueux. Il faut pour cela se tourner vers l’intérieur de soi.

  • 1/ Traiter la surexcitation

Nous avons en nous des systèmes pour maintenir l’équilibre entre hypoexcitation et hyperexcitation. La meilleure manière est de passer par notre façon de bouger, de respirer, de chanter.

  • Yoga
  • Neurofeedback
  • Apprendre à respirer calmement, ce qui active le frein du système nerveux parasympathique (voir chapitre 16).
  • Pleine conscience
  • Tai- chi et Qi gong et toutes les techniques qui allient pleine conscience, mouvement, rythmes et action, respiration, méditation.
  • 2/ Pas d’esprit sans pleine conscience

Les personnes ayant vécu un traumatisme ressentent régulièrement de sensations intenses pouvant être intolérables. La tentation serait d’éviter de les ressentir, donc de fermer son corps et son esprit car ces sensations font peur. Pourtant il est important pour la guérison de réussir à en prendre conscience et à les observer.

« La conscience de soi est au coeur de la guérison. »

Le but est de sortir des automatismes et cela est possible quand on arrive à avoir conscience de ce que l’on ressent, ce qui nous permettre d’envisager d’autres façons d’y réagir. Car à l’inverse du traumatisme, les sensations sont passagères et peuvent être dépassées par la respiration, par un changement de position ou de façon de penser.

Et pour guérir il est indispensable d’apprendre à observer et supporter ses réactions physiques. 

Ensuite, la personne traumatisée sera amenée à observer comment certaines pensées s’expriment physiquement. Car comprendre où et comment le souvenir se niche permettra de s’en libérer.

  • 3/ Les relations

La sécurité et la terreur ne sont pas compatibles, c’est pourquoi les liens et le soutien des proches sont déterminants pour guérir. La personne traumatisée doit à nouveau se sentir en sécurité pour pouvoir se remettre. D’ailleurs, le réseau de soutien est la meilleure protection contre le traumatisme.

C’est pour cela que de nombreuses personnes auront besoin d’un thérapeute pour les aider.

Les animaux et en particulier les chevaux peuvent être d’un grand secours pour les traumatisés qui ne sont plus capables de faire confiance, ni de se sentir en sécurité avec quiconque.

  • 4/ Les rythmes de groupe et la synchronie

Dès que nous venons au monde, les gestes, les visages et le contact des personnes qui s’occupent de nous font que nous nous attachons à eux. Nous sommes des êtres de relation. Or à cause d’un traumatisme, cette synchronie physique peut se briser.

C’est pour cela qu’une thérapie psycho-corporelle ou qu’intégrer un groupe pour participer à des activités mêlant rythme, chant et mouvement, peut contribuer à retrouver cette synchronie. 

  • 5/ Entrer en contact

La manière la plus naturelle et que l’on fait spontanément pour calmer et rassurer un bébé ou un enfant est de le prendre dans les bras. Le toucher et le contact font des merveilles. Les gestes de réconfort sont universels. Dès lors, faire un travail sur le corps peut être bénéfique pour les traumatisés afin qu’ils retrouvent le sentiment d’être intact, en sécurité, protégé et maître de soi par le massage, ou l’ostéopathie crânienne par exemple.

De plus, les émotions bloquées nouent le corps qui est criblé de tensions. Les relâcher permettra aux sentiments de se libérer.

  • 6/ Passer à l’action

En réaction à un traumatisme ou une situation d’urgence, le corps sécrète des hormones du stress en grandes quantités, ce qui permet à la personne de réagir vite et de faire face. Mais lorsque l’action est empêchée, que la personne est immobilisée et impuissante, les hormones de stress se retournent contre l’organisme.

Il est donc nécessaire que la personne puisse revenir à un fonctionnement normal et sorte de cette réaction d’urgence persistante.

L’auteur mentionne 2 techniques : la psychothérapie sensori-motrice et l’expérimentation somatique qui permettent de retrouver la sensation physique que la personne a ressentie au moment du traumatisme, mais qu’elle n’a pas pu mettre en oeuvre, comme par exemple frapper ou courir. Ces méthodes permettent de redonner à la personne le sentiment de maitriser et la capacité à se protéger.

L’intégration des souvenirs traumatiques

Reconnaître ce que la personne a subi, pouvoir en faire le récit est important dans le processus de guérison. Mais cela ne suffit pas pour effacer le souvenir traumatique. 

L’auteur cite l’EMDR et l’hypnose.

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC)

L’objectif est de désensibiliser la personne en la réexposant de façon progressive et sans danger à ce qui l’angoisse, afin de corriger le mauvais souvenir en « je n’ai rien à craindre ».

L’efficacité est bonne pour les peurs irrationnelles (avion, araignées) mais reste mitigée chez les personnes présentant un syndrome de stress post-traumatique. 

Les drogues

LSD, Ecstasy ont été utilisés dans des essais cliniques versus placebo avec succès car ces substances permettent de diminuer la peur tout en aidant à accéder à l’expérience intérieure. 

Les médicaments

De tous temps, les hommes se sont tournés vers des substances pour lutter contre le stress traumatique, que ce soit de l’alcool, du cannabis, de la cocaïne…

La psychiatrie s’inscrit dans cette tendance de recourir à des substances chimiques, des médicaments pour traiter les symptômes. 

Car les médicaments ne peuvent pas soigner le traumatisme mais seulement aider à contrôler les émotions et le comportement. Ceci est interessant pour faciliter la thérapie et doit être utilisé avec parcimonie.

L’auteur revient sur chaque classe de médicaments en listant les avantages et inconvénients, notamment chez les enfants, et en rappelant que le nombre de prescriptions a littéralement explosé, ainsi que les coûts exponentiels pour la société.

CHAPITRE 14 : Le langage, miracle et tyrannie

Suite aux attentats du 11 septembre 2011, les experts New-Yorkais préconisaient les thérapies analytiques et les thérapies cognitives et comportementales. Or, après avoir interrogé des rescapés, il s’est avéré que ceux-si s’étaient orientés vers l’acupuncture, les massages, le yoga et l’EMDR (dans l’ordre). Ils ont donc choisi de soulager leurs symptômes physiques.

Pourquoi une telle différence entre les recommandations d’experts et les traumatisés ?

Finalement, on peut se poser la question de savoir si parler de son traumatisme est réellement bénéfique.

Les événements traumatiques sont très difficiles à verbaliser tant ils sont empreints de souffrances et d’émotions, ce qui pousse la personne à se fermer, voir à oublier. Garder le silence permet de façon illusoire, de garder le contrôle. Mais cela demande une énergie considérable et épuise complètement la personne qui doit mettre un couvercle sur ses émotions, tout en luttant contre les symptômes physiques liés à l’excès de stress dans le corps.

C’est pourquoi briser le silence, réussir à « dire », à reconnaitre et nommer ce qui nous est arrivé, permet d’enclencher le processus de guérison. Cela demande beaucoup de courage.

Notre double système de conscience

Se raconter n’est pas si simple car nous avons deux systèmes de conscience de soi :

  • Le moi autobiographique : on crée des liens et on les assemble en une histoire cohérente. C’est l’histoire destinée au public.
  • La conscience de soi immédiate, basée sur les sensations physiques. C’est l’expérience intérieure.

La difficulté est que raconter notre histoire nous coupe de nos sensations.

Une option : s’écrire à soi-même

Avantages :

  • pas de regard d’autrui,
  • permet de voir surgir des choses qu’on ignorait.

Les limites du langage : parler de choses indicibles et difficilement descriptibles à des proches est difficile. De plus, les gens se lassent vite des personnes enfermées dans leur souffrance. C’est pour cela que les groupes de soutien et les thérapeutes offrent un cadre très précieux.

CHAPITRE 15 : Se détacher du passé, l’EMDR

EMDR = Eye-movement Desensitization and Reprocessing

= Désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires.

De nombreuses études ont prouvé une efficacité supérieure de l’EMDR par rapport à des antidépresseurs dans le cadre du syndrome de stress post traumatique. 

C’est un traitement puissant pour débloquer les souvenirs traumatiques.

Comment se passe une séance ?

La personne se rappelle d’un évènement particulièrement pénible, ce qui implique tout ce qu’elle a vu, entendu, ressenti à ce moment-là. L’objectif est de replonger dans l’évènement. Pendant ce temps-là le thérapeute fait bouger un doigt en un mouvement de balancier, de gauche à droite, devant les yeux du patient. Le thérapeute enchaine plusieurs séries de mouvements oculaires et encourageant le patient à laisser venir ce qui traverse son esprit et ce qu’il ressent pour maintenir le flux des associations.

L’EMDR permet d’activer, en même temps que le souvenir initial du traumatisme, d’autres pensées, émotions et images qui amènent la personne à intégrer l’expérience traumatique.

Les mouvements des yeux de l’EMDR sont comparables à ceux que l’on peut observer quand une personne dort et que ses yeux s’agitent sous les paupières closes pendant la phase de sommeil paradoxal. En effet, lorsque nous dormons, le cerveau digère et organise la mémoire, il ancre ce qui est pertinent et efface ce qui n’a plus lieu d’être.

CHAPITRE 16 : Apprendre à habiter son corps , le yoga

Quand tout va bien, au niveau du système nerveux autonome, nos deux systèmes collaborent : l’accélérateur via le système nerveux sympathique, et le frein, via le système nerveux parasympathique.

En inspirant, on stimule le système nerveux sympathique, et en expirant, c’est au tour du parasympathique. Ces fluctuations régulières sont complètement normales, on appelle cela la variabilité de la fréquence cardiaque.

C’est notamment ce qui nous permet de réagir aux frustrations du quotidien, de calmer nos impulsions et émotions.

Mais si la modulation se fait mal, cela aura un impact sur nos émotions, nos façons de réagir à ce qui nous arrive et notre réaction au stress.

Et c’est justement le problème auquel font face les personnes traumatisées : la variabilité de leur fréquence cardiaque est faible. D’où l’importance d’agir sur ce point, via le yoga.

Le yoga permet d’avoir une action sur la variabilité de la fréquence cardiaque.

Les cours de yoga mêlent des exercices respiratoires, des postures permettant des étirements et des méditations.

En 2014 l’auteur a mis sur pied une étude chez des femmes victimes de traumatismes pour lesquelles les thérapies n’avaient pas été concluantes. Les résultats furent très positifs.

Apprendre à se connaitre : cultiver l’intéroception 

Le sentiment de soi est ancré dans un lien vital avec son corps.

Cela nécessite de réussir à ressentir et déchiffrer ce que l’on ressent et c’est la condition pour se sentir pleinement vivant.

Et le yoga permet de renouer avec son monde intérieur en cultivant la conscience de nos ressentis intérieurs. L’attention est alors centrée sur sa respiration  et ses sensations.

Et au final, une fois que la personne aura pris le temps de se reconnecter avec son corps, il lui sera alors possible de traduire par des mots ses souvenirs.

Mais le point de vigilance est de vraiment prendre le temps car certaines postures peuvent littéralement effrayer les personnes traumatisées. Il est donc impératif d’adapter les cours.

CHAPITRE 17 : La réunification de soi, sous la conduite du self

Par « self », l’auteur parle du moi profond, de l’état de pleine conscience.

Suite à un traumatisme, la personne s’est adaptée et a adopté certains comportements comme des mécanismes d’auto-défense. Ces sont justement ces « solutions » adoptées par la personne qui passent pour des problèmes psychiatriques.

Exemples : l’agressivité, la dépression.

La guérison passera par la reconfiguration du système corps-esprit en réintégrant le souvenir traumatique, c’est à dire apprendre à vivre avec le souvenir du passé sans en être débordé. Mais aussi revisiter la partie de soi qui a développé ces habitudes adaptatives.

La thérapie du système familial intérieur (IFS)

Cela part du principe que nous avons de nombreuses facettes et que notre cerveau est comme une mosaïque qui présente différentes sous-personnalités.

L’idée est que notre esprit est comme une famille constituée de membres ayant un niveau de maturité différent. Ces différentes parties forment un réseau et agir sur une partie aura automatiquement une influence sur les autres membres.

Reconnaitre qu’une partie est bloquée par un traumatisme passé permet de la rendre moins insupportable.

Sous la couche protectrice épaisse que la personne traumatisée  a mise en place, telle une carapace, se trouve toujours un moi profond fort, confiant, calme qui peut réorganiser la « famille » intérieure. C’est ce que l’auteur nomme le self.

Ce type de thérapie permet d’activer le leadership du self, donc cultiver une interaction entre notre moi profond et les facettes blessées qui va agir comme un chef d’orchestre.

Au final, la personne sera capable de comprendre  et accepter ses peurs, son impuissance, sa colère, et traitera tous ces sentiments comme des membres d’une famille intérieure tout en développant de l’auto-compassion, ce qui lui permettra de se décharger de son fardeau.

CHAPITRE 18 : Combler les manques dans les cartes intérieures

Si la personne a manqué de quelque chose au début de sa vie, comment peut-elle plus tard l’acquérir puisque qu’elle ne le connait pas ?

Par exemple, ne pas avoir été aimé enfant rend difficile le fait de savoir ce que c’est qu’être aimé.

Dans ce chapitre est abordée la thérapie psycho-corporelle fondée par Albert et Diane PESSO, utile pour rééduquer et reprogrammer les émotions remontant à l’enfance.

Cela passe par la mise en scène des acteurs principaux de son enfance pour représenter sa structure familiale. Des participants jouent le rôle des proches et cette mise en scène permet de « rejouer » le passé en y ajoutant de la sécurité pour remodeler le cerveau en restructurant les cartes intérieures.

Le fait de projeter son monde psychique dans le « réel » permet de faire émerger un autre regard sur les évènements, de changer de perspective et même d’aller jusqu’à réécrire des scènes de son passé, pour finalement modifier nos cartes intérieures.

Après plusieurs exemples de patients ayant bénéficié de ces structures, l’auteur conclue en expliquant qu’on ne peut pas réécrire la passé, mais que ces expériences de création de nouveaux scénarios intenses  et réels permettent aux patients de se sentir accueillis, soutenus, protégés, dans un monde où les autres répondent à leurs besoins. Cela fonctionne comme un antidote aux souvenirs douloureux.

CHAPITRE 19 : Neurosciences appliquées : la reprogrammation des circuits de la peur

Un électroencéphalogramme permet de mesurer l’activité électrique du cerveau.

Dans le cas d’une personne traumatisée, le cerveau émotionnel s’est organisé pour être hypersensible et réagir immédiatement en luttant ou en fuyant. La conséquence est que le cerveau rationnel ne contrôle plus suffisamment le cerveau émotionnel, et cela se retrouve au niveau de l’électroencéphalogramme : on observe une activité électrique lente au niveau du lobe frontal.

Il existe un moyen de changer ce profil d’ondes cérébrales en utilisant la technique nommée : Neurofeedback.

Pour commencer, on place des électrodes sur le crâne du patient pour détecter son activité cérébrale. Ensuite, on le place face à un écran montrant une sorte de jeu vidéo rudimentaire : 3 vaisseaux spatiaux de couleurs différentes.

Un système de récompense est prévu. Le but est d’encourager le cerveau à augmenter certaines fréquences et à en réduire d’autres. Lâcher prise, se concentrer ou même cligner des yeux a un impact sur le vaisseau spatial. Tout le système est donc fait pour vous encourager à faire avancer et gagner votre vaisseau dès lors que vous activez les « bonnes » ondes cérébrales, ou, tout du moins celles à favoriser.

De plus, en fonction de la position de certaines électrodes, il est possible de favoriser certaines ondes, ce qui aura des répercussions sur les sensations et l’état d’esprit du patient.

Dans le traitement du traumatisme il serait donc possible d’intervenir sur les circuits qui maintiennent la peur, la crainte, la honte, la rage.

Le neurofeedback stabilise donc le cerveau et augmente ainsi la résilience.

Pour aller plus loin, c’est une technique qui a été largement utilisée pour améliorer les performances sportives notamment celle du Milan AC lorsque l’Italie a gagné la coupe du monde de foot en 2006.

Et c’est également un allié de poids pour les enfants souffrant de TDAH grâce au renforcement de la concentration qu’il induit.

CHAPITRE 20 : Trouver sa voix, les rythmes collectifs et le théâtre

L’agentivité est la capacité de l’être humain à agir de façon intentionnelle sur lui-même, sur les autres et sur son environnement, donc à gouverner sa vie. Cela inclut le rapport au corps et à ses rythmes (dormir, se réveiller, manger, marcher) qui vont dessiner nos journées.

Quand on agit, on prend sa place dans la vie.

C’est pour cela que le théâtre peut permettre à la personne d’agir à nouveau en jouant le rôle d’une personne différente de celle qu’elle est, en proie à ses difficultés.

De plus, le théâtre à vocation thérapeutique permet de se confronter avec les choses douloureuses de la vie, puis de les transformer symboliquement.

Enfin, le théâtre pousse à éprouver, à vivre ses émotions jusqu’à les transmettre au public pour qu’il les comprenne.

Des rites religieux impliquant des mouvements rythmiques, jusqu’aux chants repris en choeur lors des manifestations, en passant par le pas cadencé des marches militaires, depuis toujours, les rythmes collectifs unissent les gens et leur permettent de dépasser ce qui les terrifie individuellement.

ÉPILOGUE : Les choix à faire

Le traumatisme est un sujet dont on parle de plus en plus. Ses conséquences sur l’esprit, le corps et le cerveau ne sont plus à démontrer.

Grâce aux neurosciences, nous comprenons maintenant comment le traumatisme altère le développement du cerveau. Par ailleurs, de nombreuses techniques sont efficaces et disponibles, à la fois pour traiter le traumatisme mais aussi pour le prévenir.

Mais il faut faire un constat : lorsqu’on l’on parle de syndrome de stress post-traumatisme, nous faisons principalement référence aux victimes d’attentats, aux soldats, aux rescapés d’accidents graves. 

Or, le traumatisme est un problème de santé publique majeur qui dépasse largement les victimes citées ci-dessus. Les violences conjugales, les violences par arme à feu, l’inceste, la maltraitance, la négligence infantile et tous les autres types de violence sont un véritable scandale politique et de santé publique.

Il est urgent d’apprendre aux enfants et adultes victimes, à affronter la peur, la rage et l’effondrement qui sont des conséquences du traumatisme.

Pour l’auteur nous vivons dans le déni total en ne traitant que les effets du mal et en fermant les yeux sur les véritables causes.

Le traumatisme engendre la traumatisme : les personnes blessées blessent les autres. C’est un cercle sans fin…

De nombreux problèmes psychiques sont simplement des tentatives d’adaptation pour gérer des émotions insupportables. Les bloquer chimiquement ne résout pas le problème.

L’orientation que nos sociétés devraient prendre : se concentrer sur les besoins de l’enfant et des politiques de soutien familial. Favoriser un système scolaire cultivant la coopération et la régulation des émotions, la persévérance, la réflexion. L’école devrait être un îlot de sécurité et a un rôle significatif à jouer.

La première définition de la santé mentale est de pouvoir se sentir en sécurité avec les autres. 

Le livre se termine en explorant de nombreuses pistes qui mériteraient d’être mises en place dans les écoles. Que ce soit en terme de formation des enseignants, de sensibilisation au traumatisme, mais aussi par des techniques simples à mettre en oeuvre pour « gérer » les débordements émotionnels des enfants. Développer l’intelligence émotionnelle et la communication ainsi que le sport, le chant, le théâtre. 

« Le traumatisme est aujourd’hui notre problème de santé publique le plus urgent et nous avons les connaissances nécessaires pour y répondre efficacement. La balle est dans notre camp. »

Bessel VAN DER KOLK

ANNEXE

Les critères consensuels proposés pour le trouble de traumatisme développemental.

NOTES

84 pages de références scientifiques.

BIBLIOGRAPHIE

REMERCIEMENTS

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Et pour le résumé du livre en vidéo, c’est par ici :

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18 réflexions sur “Le corps n’oublie rien – Bessel Van Der Kolk”

  1. Je vais faire une pause de la lecture de ce site, car je vais devoir prévoir un nouveau budget livres !
    Non je plaisante, mais je me suis fait une réflexion à la lecture du passage : « Les effets à long terme de l’attachement désorganisé … c’est à dire la distance affective entre la mère et son enfant, mais aussi l’inversion des rôles qui est le fait que la mère s’attend à ce que son enfant s’occupe d’elle. « La qualité des premières relations de l’enfant est d’une importance cruciale pour prévenir les problèmes de santé mentale, indépendamment d’autres traumatismes. »  » cela explique tout !
    Car lorsque l’on sait que dans certaines communauté, les parents et surtout les mamans font des enfants, pour qu’arriver à un certains âges, ces enfants devenus adultes (et donc ces parents, ou mamans, devenus âgés), prennent soin de leurs parents, même si cela va de pair, on peut comprendre certains malaise, ou problèmes.

    1. Merci Marie de partager tes réflexions, et désolée pour ton budget 😃! C’est vrai qu’au-delà des traumatismes, les relations familiales ne sont pas toujours évidentes.

  2. Ce livre à l’air sensationnel. Sacré travail cet article.
    Le passage sur les vétérans du Vietnam, me fait instinctivement penser à Rambo !
    Quelle révolution pharmacologique, … pour moi les médicaments ne sont pas du tout la solution. Pour certains troubles, on n’a pas le choix, mais c’est triste qu’on ne cherche pas d’autres techniques naturelles, ou comme l’EMT par exemple.
    Je ne savais pas que Le neurofeedback stabilise donc le cerveau et augmente ainsi la résilience.

    1. Merci beaucoup Marie pour ton commentaire, je te confirme que ce livre est vraiment formidable, tu peux te l’offrir les yeux fermés !

  3. Merci beaucoup pour cet article littéraire, qui est plus que complet ! J’ai maintenant hâte de me le procurer 🙂 ! Le passé et les émotions sont des éléments essentiels dans mon domaine de la santé naturelle.

  4. C’est un excellent retour sur ce livre que tu fais! Le traumatisme simple ou complexe fait partie des sujets que j’affectionne tout particulièrement, et que je traite dans mon blog. L’approche scientifique est très intéressante dans ce livre. Merci pour ce partage.

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire Elma. Dans le livre l’approche scientifique est liée à des cas patients, ce qui est vraiment interessant. Je te le recommande !

    1. Merci Marlène, tu étais déjà fort intéressée avant même que je publie le résumé 😉. Franchement il fait partie des livres qui valent le coup et en particulier pour toi qui est spécialiste du burn-out. Combien de personnes sur-investies dans leur travail puis en burn-out cachent en fait un traumatisme …?

  5. L’article est extrêmement complet, merci pour ce travail. Belle découverte de cet ouvrage, il y a beaucoup de chapitre qui me parle dans mon métier de thérapeute.

    1. Merci beaucoup Monique. C’est vrai qu’après la lecture, on ne voit plus les choses de la même manière et j’imagine bien qu’en tant que thérapeute, tu dois être largement confrontée à ce type de souffrance…

  6. Merci pour cet article ! Un travail de résumé et d’analyse fantastique, je vais me re-pencher dessus dans les prochains jours pour bien tout saisir. J’ai hâte de voir les prochaines révolution en terme de compréhension du cerveau durant les prochaines années !

    1. Merci beaucoup pour tes encouragements ! C’est vrai qu’on ne cesse de progresser en terme de compréhension du cerveau, c’est passionnant ! Mais je rêve qu’on se serve de ces découvertes pour vraiment transformer la société dans le bon sens. L’auteur du livre en parle très bien dans sa conclusion. 😊

  7. Bonjour,
    Quel travail extraordinaire ! Et certainement long 🙂 Merci pour ce résumé chronique qui donne très envie de lire ce livre en entier bien que j’hésite au vue du travail effectué dans cet article.
    Dans tous les cas, en tant que préparateur mental travaillant dans les Armées, j’ai été projeté dans ce que l’on nomme les SAS de fin de mission pour détecter les TSPT. C’est un travail d’équipe qui m’a particulièrement nourrit.
    J’ai été au contact direct de ces personnes qui pour certaine était confrontée à ce type de traumatisme… Impuissant…
    J’espère que votre travail sera lu et partagé 😉 Pour ma part, je fais le boulot afin de donner plus de porter à votre message.
    Merci

    1. Merci beaucoup pour vos encouragements ! Je ne peux que vous conseiller de lire le livre qui est évidemment beaucoup plus riche que le résumé et surtout qui est une mine d’or d’explications et d’exemples concrets.Cela pourra éclairer votre expérience dans l’armée car l’auteur a longtemps travaillé et aidé les anciens soldats.Encore merci pour votre message qui m’a fait très plaisir. 😊

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